L'Autre Baroque

Le 13/10/2013

Lieu

18 h 30 - Eglise du Sacré-Coeur à Moulins (Allier)

Adresse

Rue Blaise Pascal - 03 Moulins
(voir plan en fin de page)

 

 

Concert en octobre 2011 à l'Eglise de Chateaugay

 

 

Au son des instruments traditionnels des Andes, c'est une promenade musicale qui vous sera proposée, promenade allant du XVIème au XVIIIème siècle où se cotoient mélodies européennes et précolombiennes pour se fondre en une émouvante osmose. De la joie, du dynamisme, des rythmes variés exprimés tant en latin, castillan que quechua. Le concert se terminera avec le Gloria de la Misa Criolla d'Ariel Ramirez.

 

Concert en octobre 2011 à la Sainte Chapelle de Vic le Comte -

 

Le programme :

 

QUEM A OMAGEN DA VIRGEN- Cantiga de Santa Maria 353 - Une des 413 Cantigas recueillies par le Roi castillan Alfonso X El Sabio (1221-1284)

 

- RIU RIU CHIU - Mateo Flecha el Viejo (c. Espagnol, 1481-1553). A l’origine, Noël populaire et profane

 

- DALE SI LE DAS - Anonyme (Espagne, XVIe s). Chant populaire transmis oralement

 

- OY COMAMOS Y BEBAMOS - Juan del Encina de San Silvestre (c. Espagnol, 1468-1529)

 

- HANACPACHAC - Anonyme (Cuzco, Pérou, XVIIe s). Hymne religieux en langue quechua

 

- NUASI HANANEM RAMA - Anonyme (Bolivie, vers 1790). Archives de Moxos

 

- AY JESUCRISTO - Anonyme (Chiquitos, Bolivie, XVIIIe s). Missions Jésuites

 

- LOS COFLADES DE LA ESTLEYA - Juan de Araujo (c. Espagnol, 1646–1712). Texte d’auteur anonyme d’une famille d’esclaves noirs

 

- UN SARAO DE LA CHACONA - Juan de Arañés (c. Espagnol, 1560-1649). Chant à danser sur un rythme de Chacona dérivé des danses d’Amérique latine

 

- EL AŇO NUEVO PAKARI - Anonyme (Argentine). Cette célébration, connue sous le nom de Tinkunaku (rencontre), a lieu depuis plus de 300 ans dans la province de La Rioja au Nord Ouest de l'Argentine

 

- XICOCHI - Gaspar Fernardes (c. Portugais, 1565-1629)

 

- AVE MARIA GUARANI - Extrait de Mission d'Ennio Morricone (c. Italien, 1928-)

 

- MISERERE - Extrait de Mission d'Ennio Morricone (c. Italien, 1928-)

 

- TE DEUM - Extrait de Mission d'Ennio Morricone (c. Italien, 1928-)

 

- VITA NOSTRA - Extrait de Mission d'Ennio Morricone (c. Italien, 1928-)

 

- GLORIA - Extrait de la Misa Criolla d’Ariel Ramirez (c. Argentin, 1921-2010).

 

Le concert est ponctué d’interventions de la narratrice qui retrace l’œuvre et place les chants dans leur contexte.

 

 

 

 

La musique baroque sud américaine sort de l’ombre depuis une dizaine d’années, grâce à l’acharnement de quelques musiciens et musicologues dont le plus célèbre est Gabriel Garrido.

 

Certains manuscrits retrouvés en piteux état, moisissant dans des placards, voire des poubelles, ont dû être en grande partie reconstitués, mais le résultat en vaut largement la peine.

 

Depuis l’arrivée des conquistadors, fin du XVe siècle, le continent est divisé en vice-royautés, disposant chacune d’un gouvernement propre, mais toutes dépendant de l’Espagne.

 

La Nouvelle Espagne part de la Floride actuelle, englobe le Costa Rica, les Caraibes et le Mexique ; la Nouvelle Grenade occupe les territoires de l’actuel Vénézuela, Colombie, Panama et Equateur ; le Pérou est constitué des audiences de Lima, Cuzco et du Chili ; La Plata englobe la Bolivie, le Paraguay, l'Argentine et l’Uruguay et enfin le Brésil.

La musique fut introduite sur le nouveau continent par les missionnaires franciscains d’abord, puis par les dominicains, les augustins et enfin, les jésuites. Elle occupe une place prépondérante dans la conversion des Indiens car, dans leur culture, la musique est absolument indissociable du culte.

 

Dès les années 1520, les indigènes sont incorporés à des maîtrises où ils mènent une carrière de musicien professionnel ; l’apprentissage est très strict mais, en contrepartie, ils bénéficient d’avantages considérables, comme l’exemption d’impôts par exemple. La hiérarchie reste cependant strictement réglementée : les indigènes n’ayant pas accès à la prêtrise, ils restent confinés à des postes subalternes.

 

Les chanteurs sont toujours accompagnés d’instruments et, aux côtés des instruments occidentaux, on trouve également les instruments traditionnels comme par exemple les bajunes, sorte de grandes flûtes de pan.

 

L’ Eglise va vite trouver cette présence indigène inconvenante et, dès 1561, exige de réduire le nombre de musiciens natifs, de même qu’elle implante l’orgue, instrument divin par excellence, en opposition à ces instruments impurs !

 

En Nouvelle Espagne, la vie musicale se développe autour de deux centres : la cathédrale de Puebla, puis celle de Mexico.

 

Sous l’impulsion de deux maîtres de chapelle en particulier, Juan Garcia de Zespedes, puis Gaspar Fernandez (1566/1629) , la cathédrale de Puebla va connaître un siècle resplendissant. D’un esprit plus dynamique et innovateur qu’à Mexico, les genres nouveaux se développent avec à peine quelques années de décalage avec le vieux continent.

 

Le villancico, dérivé espagnol du virelai médiéval, basé sur le principe des couplets (coplas), reliés par un refrain (estrebillo), devient le genre musical caractéristique du nouveau monde.


Art presque populaire, il était chanté en langue profane, voire en dialecte local et contenait des éléments empruntés au théâtre sur des sujets religieux.

 

Il n’y a pas de musique profane, de même qu’il n’y a pas de musique purement instrumentale (à part la musique d’orgue) car elle est toujours associée à une fonction : la musique, la danse et la célébration religieuse sont une seule et même chose.

 

Il n’existe pas de catégorie non plus séculaire, populaire ou sacré, tout est intégré dans un seul genre, comme en architecture ou en sculpture.

 

On peut remarquer une grande influence des musiques indigènes : utilisation de la langue Nahuat et Quechua, intégration des rythmes populaires qui se retrouvent dans les xacaras ou  les  negrillas  par exemple ( ces derniers utilisent des rythmes africains !!).

 

A la cathédrale de Mexico, trois maîtres de chapelle nous ont laissé des œuvres remarquables, Francisco Lopez Capillas (1654-1674), Antonio de Salazar (1650-1715) et Manuel Sumaya (1678-1756). Ce dernier semble être le premier créole à obtenir une charge aussi élevée ; il terminera sa vie à Oaxaca où la plupart de ses œuvres sont aujourd’hui conservées.

 


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